L’immaturité des « adulescents »

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Et comme en écho à l’affirmation de saint Augustin : « Vous nous avez créés pour vous, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en vous », on trouvera dans le dossier ce beau texte du Père Dehau : « Au fond du cœur de tout homme venant en ce monde, il y a une soif, la soif de l’infini. Cette soif, c’est quelque chose que l’homme ne peut pas arracher de son cœur ; Dieu lui-même l’y a mise comme sa marque de fabrique. Nous sommes libres de chercher cet infini hors de Dieu, mais nous ne sommes pas libres de ne pas chercher l’infini. Si l’homme le cherche en Dieu, il le trouve, mais si, oubliant son Dieu, il le demande aux créatures, au lieu de l’eau vive, il ne trouve en ces pauvres créatures que quelques gouttes d’une eau bourbeuse qui ne saurait apaiser sa soif. C’est là ce que fait le pécheur : il demande l’infini aux créatures et il ne peut faire autrement ; mais il aura encore soif, car, quelles que soient les qualités que puisse avoir la créature, elles sont toujours bornées et limitées. »

C’est à cette hauteur spirituelle – qui est bien celle où nous sommes placés par notre baptême, et non un idéal inaccessible ! – oui, c’est à ce degré élevé qu’il faut s’adresser aux âmes, pour les tirer vers le haut et ne pas les laisser croupir dans l’état d’immaturité où stagnent tant d’« adulescents », ces adolescents prolongés et adultes attardés. Dans son panégyrique de saint Bernard, Bossuet a dépeint de façon remarquable cette réalité aujourd’hui très commune : « Celui qui croit avoir le présent tellement à soi, quand est-ce qu’il s’adonnera aux pensées sérieuses de l’avenir ? Quelle apparence de quitter le monde, dans un âge où il ne présente rien que de plaisant ? Nous voyons toutes choses selon la disposition où nous sommes ; de sorte que la jeunesse, qui semble n’être formée que pour la joie et pour les plaisirs, ah ! elle ne trouve rien de fâcheux : tout lui rit, tout lui applaudit. Elle n’a point encore d’expérience des maux du monde, ni des traverses qui nous arrivent : de là vient qu’elle s’imagine qu’il n’y a point de dégoût, de disgrâce pour elle. Comme elle se sent forte et vigoureuse, elle bannit la crainte et tend les voiles de toutes parts à l’espérance qui l’enfle et qui la conduit. (…) Les jeunes gens, enivrés de leurs espérances, croient tenir tout ce qu’ils poursuivent : toutes leurs imaginations leur paraissent des réalités. »

Combien de vieux jeunes gens de 40, 50 ou 60 ans aujourd’hui, à qui leurs imaginations paraissent des réalités ? Ils ne vivent pas, mais rêvent de vivre ; ils n’agissent pas, mais songent à agir ; ils n’aiment pas, mais aiment aimer, ce qui est une façon d’aimer sans sortir de soi.

À suivre…

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